CLSC : le scandale silencieux des espaces vides
Un geste banal, mais révélateur
Je suis allée au CLSC pour faire irriguer mon port-o-cath.
À première vue, rien de particulier. Un geste banal. Un soin courant. Bref, rien d’exceptionnel. Rien d’urgent.
Une évidence impossible à ignorer
Pourtant, dès mon arrivée, quelque chose m’a frappée. D’abord un malaise diffus, difficile à nommer. Puis, très rapidement, une évidence devenue impossible à ignorer.
Le contraste des espaces
Du côté des soins infirmiers
Une grande salle d’attente, propre, calme, presque accueillante.
Des salles d’examen disponibles.
De l’espace.
Du silence.
Du côté du secteur clinique
À l’inverse, une petite salle d’attente bondée, inconfortable, saturée.
Des patients tassés les uns contre les autres.
Des visages fatigués.
Une tension palpable, digne des urgences.
Deux réalités dans le même bâtiment
Et pourtant, il s’agit du même bâtiment. Du même réseau. Du même système public.
Malgré cela, deux réalités coexistent sans jamais se croiser. Deux mondes qui se côtoient quotidiennement, mais qui ne se parlent pas.
Un choix politique évident
Ce n’est donc pas un manque de ressources. C’est un choix politique.
Les CLSC n’ont jamais été pensés pour être décoratifs
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut nécessairement revenir en arrière.
À leur création, dans les années 70, les CLSC représentaient bien plus qu’un simple point de service.
Ils incarnaient une rupture.
Une vision.
Une promesse collective forte.
À l’origine, leur mission était pourtant limpide.
Ils devaient :
- désengorger les hôpitaux
- offrir des soins de proximité
- miser sur la prévention
- travailler en interdisciplinarité
- intervenir avant que les problèmes ne dégénèrent
Autrement dit, les CLSC étaient conçus comme le cœur vivant de la première ligne, et certainement pas comme une salle d’attente secondaire du système hospitalier.
Ce modèle fonctionnait. Et, à bien des égards, peut-être même trop bien.
Quand la médecine curative a tout avalé
Avec le temps, toutefois, une autre logique s’est progressivement imposée.
Peu à peu, la gestion hospitalo-centrée a pris le dessus, reléguant la prévention et la proximité au second plan.
Dans ce contexte, on a :
- centralisé les décisions
- fusionné les structures
- dilué les missions
- bureaucratisé le terrain
Ainsi, graduellement, les CLSC ont cessé d’être des lieux d’initiative.
Ils sont devenus de simples points de service.
Plus des lieux de décision.
Plus des pôles d’innovation.
Plus des acteurs forts de la première ligne.
Les murs sont restés. Les salles aussi. Mais la mission, elle, a été vidée de sa substance.
Des infirmières compétentes… tenues en laisse
Dans ce contexte, ce que j’ai observé dans ce CLSC n’a donc rien d’anecdotique.
Bien au contraire, c’est un révélateur puissant.
Car sur le terrain, les infirmières ont tout ce qu’il faut :
- les compétences
- la formation
- l’expérience
- l’espace
En réalité, elles pourraient faire beaucoup plus :
- assurer le suivi de maladies chroniques
- intervenir en prévention
- faire du dépistage
- offrir des soins complexes
- accompagner les patients sur le long terme
Et pourtant.
On les cantonne.
On limite leur champ d’action.
On les empêche concrètement de désengorger ce qui déborde ailleurs.
Pendant ce temps, ailleurs dans le système :
- 🔥 les urgences explosent
- 📉 les cliniques débordent
- ⏰ les patients attendent
Ce n’est pas une pénurie. C’est un verrouillage.
Le vrai scandale : le vide organisé
Au fond, ce qui choque le plus, ce n’est même pas la surcharge du côté clinique.
C’est surtout le vide organisé de l’autre côté.
Des salles vides pendant que des gens souffrent — Des locaux disponibles pendant que le système sature.
— Des professionnels prêts à agir… mais empêchés de le faire.
On parle sans cesse de « manque de moyens ». Pourtant, cette affirmation ne tient pas.
Les moyens existent bel et bien. Ils sont simplement mal utilisés.
Pourquoi ça ne change pas ?
Parce que redonner un véritable rôle aux CLSC impliquerait des choix courageux.
Concrètement, cela voudrait dire :
- déléguer du pouvoir au terrain
- faire confiance aux équipes
- sortir de la logique de contrôle central
- reconnaître que la prévention coûte moins cher que la crise
Or, sur le plan politique, ces choix sont risqués.
Alors, on préfère gérer l’urgence.
Colmater.
Et, surtout, laisser le vide tranquille.
Ce que je vois, je ne peux plus l’ignorer
Car lorsqu’un bâtiment public est à moitié vide pendant que l’autre moitié étouffe, il ne s’agit pas d’une simple erreur logistique.
C’est un échec collectif assumé.
Pourtant, les CLSC pourraient redevenir :
- de véritables portes d’entrée dans le système
- des alternatives crédibles aux urgences
- des lieux humains, accessibles et efficaces
Mais pour y parvenir, il faudrait d’abord arrêter de faire semblant.
Car le problème du système de santé québécois n’est pas qu’il manque de structures.
Le véritable problème, c’est qu’il refuse d’utiliser pleinement celles qu’il a.
Et tant que l’on acceptera que des salles restent vides pendant que la population attend, le scandale continuera…
en silence.
Lettre ouverte à l’État du Québec
État du Québec,
Dans vos bâtiments, il y a du vide. Pas un vide théorique. Un vide bien réel, mesurable, observable.
Des salles d’attente spacieuses, calmes, propres. Des salles d’examen inutilisées. Des professionnels compétents disponibles.
Pendant ce temps :
- les urgences débordent
- les cliniques étouffent
- des patients attendent
- des citoyens renoncent à consulter
Ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas une pénurie. C’est une décision structurelle.
Les CLSC ont été créés pour prévenir, désengorger, accompagner. Ils ont été pensés comme une solution. Vous en avez fait un décor.
Vous avez :
- centralisé la gouvernance
- affaibli l’autonomie locale
- réduit la portée des soins infirmiers
- vidé la première ligne de son pouvoir réel
Et aujourd’hui, vous regardez le système craquer en prétendant qu’il manque de ressources, alors que certaines dorment derrière des portes closes.
L’État ne peut plus se cacher derrière la complexité. Ce que nous vivons n’est pas un problème technique. C’est un choix politique répété.
Chaque salle vide pendant qu’un patient attend est un échec. Chaque compétence sous-utilisée pendant qu’un service déborde est une faute. Chaque CLSC réduit à un rôle secondaire est un renoncement.
Nous n’avons pas besoin de nouveaux bâtiments. Nous avons besoin de courage.
Le courage de :
- redonner un vrai mandat aux CLSC
- libérer le potentiel des soins infirmiers
- investir réellement en prévention
- faire confiance au terrain
- cesser de gérer la santé comme une ligne budgétaire
L’État du Québec doit choisir : continuer à colmater un système qui s’effondre ou utiliser enfin, pleinement, ce qui existe déjà.
Le vide que vous laissez dans vos structures, c’est la population qui le paie.
Et elle n’attendra pas éternellement.
Les Orphelins Abandonnés du Système de Santé du Québec
🔴 Appuyer Les Orphelins Abandonnés du Système de Santé du Québec, c’est bon pour tout le monde.
Pour les patients sans médecin de famille.
Pour ceux qui en ont un, mais attendent quand même.
Pour les médecins, les infirmières, les professionnels épuisés.
Pour l’ensemble du système.
Notre demande est simple et légitime :
- 👉 une structure de soins adéquate
- 👉 des services équitables pour tous, sans passe-droits
- 👉 une décentralisation intelligente
- 👉 de vraies alternatives fonctionnelles aux urgences et au GAP
- 👉 des règles claires, cohérentes et applicables
Assez des solutions improvisées.
Assez des systèmes mis en place à la hâte, sans cadre, sans suivi, sans résultats.
Assez de demander aux citoyens et aux soignants de « s’arranger avec ça ».
👉 Il est temps que l’État assume pleinement ses responsabilités.
Comment appuyer L’OASSQ :
- 🔹 Vous n’avez pas de médecin de famille
➡️ Abonnez-vous à la page. Vous n’êtes pas seuls. - 🔹 Vous avez un médecin de famille
➡️ Partagez. Améliorer l’accès pour les autres, c’est alléger le système pour vous aussi. - 🔹 Vous êtes un professionnel de la santé
➡️ Partagez. Votre réalité mérite d’être entendue et respectée. - 🔹 Tout le monde
➡️ Parlez-en autour de vous. Le silence maintient le statu quo.
Nous aider dans cette cause,
c’est aider tout le monde.
Aujourd’hui. Et pour demain.
✊ Ensemble, exigeons un système qui fonctionne vraiment.
Abonnez-vous ! Maintenant !!
« Les Orphelins Abandonnés du Système de Santé du Québec »
Page Facebook :
👉Page – L’OASSQ – Les Orphelins Abandonnés du Système de Santé du Québec
Groupe Facebook :
👉Groupe – L’OASSQ – Les Orphelins Abandonnés du Système de Santé du Québec


