Article 5 – Solutions pour rééquilibrer le système : remettre le soin au centre
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Article 5 – Solutions pour rééquilibrer le système : remettre le soin au centre

La crise actuelle du système de santé québécois ne peut être réduite à une seule cause. Elle est à la fois structurelle, financière et culturelle.
En effet, l’investissement disproportionné dans les médicaments, combiné à la diminution progressive des soins directs, a profondément fragilisé l’accès aux services essentiels.
À cela s’ajoute une mentalité bien ancrée qui valorise trop souvent la prescription comme preuve ultime de compétence médicale.
Par conséquent, l’ensemble du système s’est éloigné de sa mission première : soigner les personnes dans leur globalité.

Toutefois, malgré l’ampleur de la crise, une voie de reconstruction demeure possible.
Encore faut-il accepter de revoir les priorités, d’investir autrement et, surtout, de transformer en profondeur la culture de soins elle-même.
C’est précisément dans cette perspective que s’inscrivent les solutions suivantes.

📌 1️⃣ Investir dans le personnel et les infrastructures

🧑‍⚕️ Renforcer la capacité humaine

Avant toute réforme structurelle, il est essentiel de rappeler une évidence trop souvent oubliée : le cœur de tout système de santé solide repose sur des professionnels disponibles, soutenus et motivés.

  • D’abord, augmenter la formation, le recrutement et la rétention des médecins de famille, des infirmières, des infirmières praticiennes spécialisées (IPS), des techniciens et des autres professionnels de première ligne constitue une priorité incontournable.
  • Ensuite, des programmes accélérés de formation pour les aides-infirmiers et les préposés — comme ceux déjà mis en place au Québec pour plus de 1 800 auxiliaires et 5 000 préposés — permettent de renforcer rapidement la main-d’œuvre clinique et de soulager le terrain.
  • Par ailleurs, améliorer les conditions de travail, la rémunération, le soutien à la formation continue et les parcours de carrière devient essentiel afin de réduire le découragement, l’épuisement professionnel et l’exode vers le privé ou d’autres provinces.
  • Enfin, il est nécessaire de repenser les incitatifs à la pratique en région, notamment en offrant de meilleurs soutiens logistiques, financiers, éducatifs et familiaux pour assurer une couverture équitable du territoire.

🏥 Moderniser les infrastructures

Cependant, renforcer les équipes ne suffit pas si les infrastructures ne suivent pas. Un investissement parallèle dans les milieux de soins s’impose.

  • Ainsi, recréer ou revitaliser des lits de soins généralisés et spécialisés dans les hôpitaux — notamment en médecine familiale, en gériatrie et pour les soins chroniques — permettrait de réduire la pression constante sur les urgences.
  • De plus, la construction ou la rénovation de centres de soins communautaires, de cliniques interdisciplinaires et de centres de prévention favoriserait un accès de proximité plus efficace.
  • Enfin, l’amélioration des systèmes d’information et de l’interopérabilité des données de santé demeure essentielle pour assurer un suivi longitudinal cohérent des patients.

En combinant ces mesures, il devient possible de désengorger les urgences, de réduire les listes d’attente et, surtout, de restaurer la confiance envers le système public.

📌 2️⃣ Réorienter le budget : moins de pilules, plus de soins

Parallèlement aux investissements humains et matériels, un rééquilibrage budgétaire s’impose.

Concrètement, cela peut passer par :

  • 💸 Réallouer une partie des dépenses liées aux médicaments vers les services de santé directs.

Comme démontré dans l’article précédent, des milliards de dollars sont consacrés chaque année aux médicaments.
Dès lors, une réaffectation stratégique, même partielle, de ces fonds vers le financement des soins, du suivi clinique et de la prévention pourrait améliorer l’accès aux services tout en rehaussant la santé globale de la population.

Il ne s’agit toutefois pas de remettre en question l’assurance-médicaments, mais bien d’intégrer une approche plus équilibrée, qui reconnaît également la valeur des interventions non médicamenteuses.

📊 Conditions de financement orientées vers la qualité

Dans cette optique, la manière de financer les soins doit elle aussi évoluer.

  • D’une part, il devient nécessaire d’établir des indicateurs de performance qui valorisent le suivi continu, la prévention et la coordination des soins, plutôt que la simple accumulation de prescriptions ou d’actes isolés.
  • D’autre part, encourager des ententes favorisant des soins complets et continus permettrait de sortir du modèle des visites rapides centrées sur une ordonnance.
  • En somme, une réforme financière ambitieuse doit viser la transformation des trajectoires de soins et non seulement la gestion ponctuelle des symptômes.

📌 3️⃣ Éducation et programmes progressifs pour réduire la dépendance aux pilules

Dans le même esprit, la prévention et l’éducation occupent un rôle central.
La Stratégie nationale de prévention en santé 2025-2035 vise précisément à replacer la prévention au cœur de la santé publique, avec des objectifs clairs de réduction des maladies chroniques et des inégalités de santé.

🛠️ Actions concrètes de prévention

  • Dépistage précoce des maladies chroniques, comme le diabète, l’hypertension et les risques cardiovasculaires.
  • Campagnes visant à réduire la dépendance au tabac, à soutenir l’arrêt du tabagisme et à diminuer d’autres comportements à risque.
  • Initiatives favorisant l’activité physique, une alimentation saine, le soutien psychosocial et la santé mentale comme leviers de changement durable.
  • Déploiement de centres communautaires de prévention proches des citoyens, valorisant l’apprentissage de gestes de santé durables.

Ainsi, cette approche s’inscrit dans une vision élargie de la santé, où celle-ci ne se limite plus à l’absence de maladie, mais repose sur la qualité de vie, l’autonomie et la capacité d’agir des individus.

📌 4️⃣ Coordination entre acteurs et transformation culturelle

🤝 Gouvernance plus locale et moins bureaucratique

Enfin, la transformation du système passe aussi par une meilleure coordination.
Le Plan santé du gouvernement québécois prévoit notamment des guichets d’accès à la première ligne, des coordonnateurs nationaux et des points de service locaux afin de rapprocher les services des besoins réels.

Cela implique notamment :

  • Donner davantage d’autonomie aux équipes cliniques pour répondre plus rapidement aux réalités locales.
  • Impliquer activement les communautés, les organismes locaux et les patients dans la définition des priorités de santé.

🧠 Changer la culture de soins

Toutefois, aucune réforme structurelle ne sera durable sans un changement de culture.

  • Promouvoir des modèles de soins intégrés qui valorisent la prévention, le suivi personnalisé et la prise en charge globale plutôt que la solution médicamenteuse immédiate.
  • Offrir des formations continues aux cliniciens sur les approches non pharmacologiques et sur la communication orientée vers le changement de comportements.
  • Reconnaître que cette transformation culturelle est essentielle pour que patients et professionnels redonnent toute leur valeur aux soins holistiques et coordonnés.

🧩 Au-delà des solutions techniques : engagement citoyen

Enfin, un système de santé robuste ne repose pas uniquement sur des politiques publiques. Il nécessite également une implication citoyenne réelle.

  • Campagnes d’information sur la prévention et l’autogestion de la santé ;
  • Programmes éducatifs scolaires mettant en valeur l’importance des habitudes de vie saines ;
  • Soutien aux initiatives communautaires locales.

C’est en faisant de la santé un véritable projet de société, partagé et porté collectivement, que l’on pourra durablement réduire la dépendance aux pilules et remettre le soin au centre.

🧠 Conclusion : Vers un système plus humain et résilient

En définitive, le Québec dispose d’une voie de sortie face à la crise actuelle.
Certes, cette transformation ne sera ni simple ni instantanée. Toutefois, sa direction est claire.

  • ✔️ Investir massivement dans le personnel et les infrastructures afin d’offrir des soins accessibles, continus et de qualité ;
  • ✔️ Réorienter le financement pour accorder aux soins directs et à la prévention une place équivalente à celle des médicaments ;
  • ✔️ Éduquer et mobiliser la population autour de comportements de santé durables ;
  • ✔️ Transformer la culture de soins pour privilégier le suivi et la prévention plutôt que la solution médicamenteuse immédiate.

Le message central est clair :

Il ne s’agit pas simplement de financer davantage de pilules, mais bien de reconstruire un système qui soigne réellement les personnes — et non seulement leurs symptômes.

💡 Qui gagne quoi ?

👨‍⚕️ Les médecins

  • Plus de temps pour le suivi réel des patients
  • Meilleures conditions de travail et rémunération équitable
  • Moins de stress et moins d’épuisement professionnel
  • Formation continue et soutien pour des pratiques plus efficaces
  • Autonomie accrue dans la prise de décisions locales

🧑‍🤝‍🧑 Les citoyens

  • Accès plus rapide et régulier à des soins de qualité
  • Suivi personnalisé et prévention renforcée
  • Réduction de la dépendance aux médicaments
  • Meilleure autonomie dans la gestion de sa santé
  • Confiance retrouvée dans le système public


📌 Ce que vous découvrirez dans les 5 articles de cette série


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Sources>

Visites aux urgences pour des problèmes pouvant être pris en charge en soins primaires — Institut canadien d’information sur la santé (ICIS / CIHI)
Les urgences québécoises de plus en plus saturées — Institut économique de Montréal (IEDM)
Organisation des soins de première ligne au Québec — Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS)
Stratégie nationale de prévention en santé 2025-2035 — Gouvernement du Québec
Rapport sur la performance et l’accessibilité du système de santé — Vérificateur général du Québec
Les solutions durables pour un système de santé centré sur les soins — Commission Clair / Commission d’étude sur les services de santé et les services sociaux


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Cette démarche est née d’un vécu profondément marquant. Se retrouver sans médecin de famille, dans l’incertitude et l’inquiétude, laisse des traces. Comme plusieurs, je ressens l’abandon, l’impuissance et la peur de ne pas être prise en charge quand ça compte vraiment. Aujourd’hui, je m’engage à faire entendre la voix de celles et ceux qui vivent cette réalité (incluant moi-même), à briser le silence et à pousser pour un système de santé Québécois plus humain, plus juste et plus respectueux de la dignité de chacun.

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