Québec : pourquoi tolérons-nous l’intolérable ?
Des milliers de Québécois n’ont pas de médecin de famille.
Des enfants, des aînés, des personnes vivant avec des maladies chroniques… laissés sans suivi, sans filet.
Et pourtant, la majorité se dit : « C’est comme ça. On ne peut rien y faire. »
Absurde ? Oui. Inacceptable ? Absolument.
Ce n’est pas la faute des médecins. Ni celle des patients. Ni une question de chance.
Le problème, c’est un système qui promet plus qu’il ne peut livrer, qui normalise l’inaccessible et nous convainc lentement mais sûrement que subir est la seule option.
Pourquoi restons-nous silencieux ?
Parce que le problème semble trop grand. Trop complexe pour nos mains.
Parce que l’énergie pour se battre est engloutie par la vie quotidienne : travail, famille, factures.
Parce que le fatalisme nous rassure : « On fait avec. »
Le statu quo se nourrit de notre silence
- Le statu quo se nourrit de notre résignation.
- Les décideurs restent confortables.
- Les patients sans médecin deviennent invisibles.
Et nous, nous continuons d’accepter l’inacceptable. Comme si c’était normal.
Mais “normal” n’a jamais été synonyme de juste.
“Subir” n’a jamais été une solution.
Le manque de médecin de famille n’est pas une fatalité.
C’est un choix politique, un modèle mathématiquement intenable qui continue de fonctionner parce que nous restons immobiles.
Et si demain, ça vous touchait ?
Ok, aujourd’hui, vous vous en fichez. Vous êtes en santé. Vous n’avez pas de problème urgent. Vous vous dites : « Ça ne me concerne pas ».
Mais si demain, vous avez besoin d’un suivi régulier ?
Si un membre de votre famille tombe malade et qu’il n’a pas de médecin pour l’accompagner ?
Si une urgence survient et que la seule solution est une clinique saturée ou un hôpital débordé ?
Alors, soudainement, le problème devient personnel. Très personnel.
Vous vous rendez compte que ce n’était jamais vraiment loin de vous.
Vous l’aviez ignoré.
Ce problème était là, tout le temps, juste devant vous. Vous ne l’aviez simplement jamais vu venir.
Il était là, et vous avez choisi, consciemment ou non, de ne pas le voir.
Maintenant qu’il vous concerne, qu’il vous frappe en plein visage, il n’y a plus de place pour l’indifférence.
Vous ressentez enfin l’urgence. Vous voyez la réalité telle qu’elle est : un système brisé qui peut vous affecter à tout moment.
Il ne s’agit plus d’un problème lointain ou abstrait. C’est vous, votre famille, vos proches. Et il est impossible de rester passif.
Chaque instant que nous attendons, chaque silence que nous entretenons, renforce le statu quo.
Nous avons la responsabilité de réagir, de demander des comptes et de réclamer ce qui devrait être évident : un accès aux soins pour tous, maintenant.
Chaque citoyen sans médecin, chaque personne laissée à elle-même, c’est un avertissement silencieux : le système ne fonctionne pas pour personne, pas même pour vous.
Pourquoi tant de gens restent passifs ?
- Le problème semble trop grand : Les individus pensent qu’ils ne peuvent rien y changer.
- Le fatalisme s’installe : « C’est comme ça, on ne peut rien y faire ».
- On se sent protégé tant qu’on est en santé : « Ça ne me touche pas pour l’instant ».
- La complexité du système : Les gens ne savent pas vers qui se tourner ni comment agir efficacement.
- L’habitude de l’inaction : Quand rien ne change, on finit par accepter la situation comme normale.
Résultat : le statu quo se perpétue, et ce sont tous les citoyens qui finissent par en subir les conséquences.
Il est temps de dire : assez !
Ce n’est pas une fatalité. Ce n’est pas “normal”.
C’est un choix politique, un modèle brisé, et nous avons tous le pouvoir de dire : assez !
Le changement commence quand nous cessons de tolérer l’intolérable.
Le changement commence avec nous.
Et ceux qui décident devront un jour répondre de ce qu’ils ont laissé disparaître dans le silence.
Parce que demain, ça pourrait être vous. Et si nous attendons trop longtemps, ce “demain” pourrait être trop tard.


