Pourquoi le système de première ligne échoue et les patients en paient le prix?
« Au Québec, on nous promet depuis des décennies un médecin de famille pour chaque citoyen. La réalité ? Un système figé, débordé et inefficace, où les patients paient le prix humain et financier d’une première ligne en panne. »
Le vrai problème : le Québec n’a jamais voulu bâtir un vrai système de première ligne
Depuis des années, le modèle repose sur une fiction :
“Chaque citoyen aura un médecin de famille et tout passera par lui.”
Sauf que…
- la population vieillit,
- les cas sont plus complexes,
- la charge administrative explose,
- et le nombre d’heures disponibles n’a jamais suivi.
👉 Résultat : le médecin de famille devient un goulot d’étranglement structurel.
Le système aurait dû évoluer vers :
- des équipes multidisciplinaires,
- infirmières praticiennes autonomes,
- pharmaciens cliniciens,
- travailleurs sociaux de première ligne.
Mais on a figé le modèle dans les années 90, puis on demande aux médecins d’absorber l’explosion de besoins… avec le même outil unique : un humain débordé.
Oui, sur papier, le système « aurait dû évoluer » vers :
- des équipes multidisciplinaires,
- des infirmières praticiennes autonomes,
- des pharmaciens cliniciens,
- des travailleurs sociaux en première ligne.
Ça, c’est ce qu’on nous dit.
Mais voici ce qu’on ne dit pas, et qui explique pourquoi ça ne fonctionne pas comme promis 👇
🧩 Ce qu’on ne nous dit pas (mais que le système sait très bien)
❌ 1) Les équipes existent… mais sans pouvoir réel
On crée des équipes “multidisciplinaires”, mais :
- les rôles sont mal définis,
- les décisions cliniques restent centrées sur le médecin pivot,
- les autres professionnels deviennent souvent des suppléments, pas des acteurs centraux.
En théorie = collaboration.
En pratique = hiérarchie déguisée.
👉 Résultat : l’équipe existe sur l’organigramme, pas dans le soin réel.
❌ 2) Les infirmières praticiennes sont « autonomes »… mais bloquées
On parle d’autonomie, mais elles travaillent encore :
- sous contraintes d’actes médicaux réservés,
- avec protocoles restrictifs,
- avec supervision administrative ou médicale implicite,
- avec des plages d’accès limitées faute de ressources.
Et surtout :
👉 chaque avancée de leur rôle = négociation politique avec les fédérations médicales.
Pas une évolution naturelle du système.
❌ 3) Les pharmaciens cliniciens pourraient absorber une partie du suivi… mais
Ils pourraient :
- ajuster des traitements,
- intervenir sur la prévention,
- désengorger la première ligne.
Mais on ne leur donne pas :
- accès complet aux dossiers,
- reconnaissance systémique de leur rôle,
- financement structuré pour le suivi longitudinal.
👉 Ils font de la micro-réparation individuelle, au lieu d’un vrai pilier du continuum de soins.
❌ 4) Les travailleurs sociaux de première ligne sont… presque invisibles
Leur rôle devrait être :
- prévenir l’effondrement social des patients,
- protéger la santé mentale,
- agir sur la précarité, l’isolement, les traumatismes.

Mais la réalité :
- pénurie, surcharge, segmentation des mandats,
- interventions tardives plutôt que préventives,
- dossiers orientés vers la crise, pas le suivi.
👉 On parle de médecine globale… mais on finance surtout la médecine curative et tardive.
🧨 La vérité nue
Le modèle interdisciplinaire aurait dû transformer la première ligne.
Mais il a été implanté comme : une réforme structurelle sans redistribution réelle du pouvoir.
Les titres ont changé.
Les affiches ont changé.
Les communiqués ont changé.
👉 La logique centrale, elle, est restée la même.
On a ajouté des professionnels autour du patient… mais on n’a pas changé qui décide, qui finance et qui structure l’accès.
Et tant que ça ne change pas, le modèle ne sera jamais ce qu’on nous a vendu.
🧨 On a transformé les médecins en fonctionnaires de la paperasse
Les médecins ne fuient pas les patients.
Ils fuient ça :
- dossiers électroniques mal conçus,
- formulaires répétitifs,
- reddition de comptes kafkaïenne (bureaucratie absurde et interminable),
- tâches non cliniques imposées,
- règles qui changent constamment.
Dans plusieurs cliniques, un médecin passe 30 à 40 % de son temps à faire de la paperasse.
👉 Et au privé ?
Moins de bureaucratie. Plus d’autonomie. Plus de sens.
Le problème n’est pas “ils choisissent l’argent”.
Le problème, c’est :
Ils choisissent de pratiquer la médecine… au lieu de faire de l’administration.
Voici une comparaison concrète, en dollars
✔️ Dans le public (RAMQ / assurance-maladie)
- Consultation en bureau, durée ~10–15 min
- Rémunération à l’acte typique : ~35 $ à 55 $ par visite
- Volume courant : 25 à 35 patients / jour
➡️ Revenu brut journalier estimé : ~1 000 $ à 1 800 $
➡️ Après frais de clinique (~30 %) : ~700 $ à 1 250 $ nets avant impôt
💼 Dans le privé (hors RAMQ — patient paye lui-même)
- Consultation 30 minutes : ~120 $ à 180 $
- Consultation 60 minutes : ~220 $ à 350 $ (voire plus selon le modèle « concierge »)
- Volume typique : 8 à 15 patients / jour
➡️ Revenu brut journalier estimé: ~1 200 $ à 3 000 $
➡️ Après frais (~30 %) : ~840 $ à 2 100 $ nets avant impôt
Pas nécessairement plus d’argent, mais :
- Plus d’autonomie,
- Des horaires moins lourds (pas de gardes, pas de bureaucratie excessive) — dans le privé, ils peuvent souvent avoir des conditions de travail plus flexibles.
🕳️ Le gouvernement gère la rareté… au lieu de gérer l’accès
Au lieu d’augmenter la capacité réelle, on a fait quoi ?
- contingentement des admissions en médecine pendant des années,
- quotas de résidences insuffisants,
- restrictions absurdes pour les médecins étrangers,
- obstacles pour les infirmières praticiennes,
- fermetures de cliniques par manque de financement récurrent.
On a organisé la pénurie.
Puis, quand la pénurie explose…
- ➡️ on accuse les médecins d’être “individualistes”.
- ➡️ on accuse les patients d’aller aux urgences “pour rien”.
Alors que la vérité, c’est ça :
- Il n’y a pas de place ailleurs.
- Les patients n’ont aucune alternative réelle pour recevoir des soins réguliers.
- Les urgences deviennent le seul point de contact disponible, même pour des problèmes qui seraient normalement traités en clinique.
- Ce n’est pas un choix de patient ou un caprice des médecins, mais une conséquence directe du manque organisé de ressources.
En d’autres termes :
- Les accusations de comportements “individualistes” ou “aberrants” masquent le vrai problème.
- Le vrai problème, c’est la structure du système, qui ne prévoit pas assez de médecins ou de cliniques pour répondre aux besoins.
🧩 4️⃣ Le privé prospère parce que le public échoue — pas l’inverse
Les gens ne vont pas au privé “par idéologie”.
Ils y vont parce que :
- ils ont mal,
- ils attendent depuis 18 mois,
- ils n’ont pas de médecin,
- personne ne rappelle.
Le privé ne siphonne pas le public.
👉 Le privé se nourrit du vide du public.
Et plus le vide s’agrandit… plus le privé devient inévitable.
C’est ça, la vraie médecine à deux vitesses :
- Une vitesse pour ceux qui peuvent payer,
- Une attente pour ceux qui n’ont que le système public.
🩻 5️⃣ Et au milieu de tout ça… les orphelins de médecins paient la facture humaine
Quand tu es sans médecin, tu ne perds pas juste “un suivi administratif”.
Tu perds :
- la continuité des soins,
- la prévention,
- le dépistage,
- la détection précoce des maladies graves,
- le filet de sécurité qui empêche les problèmes de s’aggraver.
Les orphelins, ce ne sont pas des “statistiques”.
👉 Ce sont les personnes qui décompensent, qui se présentent tard en urgence, qui payent en souffrance ce que le système a économisé sur le papier.
🧠 🎯 Le vrai cœur du problème en une phrase
Le Québec n’a pas une crise de médecins.
Il a une crise de structure, de gouvernance et de vision.
On demande au système de faire du 2026 avec une organisation bâtie pour 1995.
Et tant qu’on ne change pas la structure de la première ligne, le privé va continuer à gagner du terrain — et les patients orphelins à en souffrir.
Sauf que — et c’est la partie qu’on oublie trop souvent —
👉 les orphelins n’ont pas tous les moyens d’aller au privé.
Certains y ont accès parce qu’ils ont une assurance, un bon revenu, un employeur qui offre des services complémentaires.
Mais une grande partie d’entre eux se retrouve coincée entre deux mondes :
- trop malades pour attendre,
- pas assez riches pour payer,
- invisibles pour le système public,
- captifs du statu quo administratif.
Autrement dit :
💸 l’accès aux soins devient conditionnel au portefeuille, alors même que ces citoyens continuent de financer, par leurs impôts, un service auquel ils n’ont pas réellement accès.
🩺 Quand un patient orphelin consulte au privé… il soulage le système public — mais à ses propres frais
Ce qu’on ne dit pas assez clairement, c’est ceci :
Lorsqu’un patient consulte en clinique privée, il ne paie pas seulement la consultation.
Il paie aussi, bien souvent :
- le suivi médical ultérieur,
- les renouvellements,
- les évaluations supplémentaires,
- certaines démarches administratives,
- tout ce qui découle du premier diagnostic… parce que le “fil” clinique a commencé au privé.
Et dans ce scénario, il se passe quelque chose de très problématique :
- 👉 le système public se dégage implicitement d’une partie de sa responsabilité,
- 👉 puisque le patient a déjà “trouvé une solution ailleurs”,
- 👉 même si cette solution lui a coûté de sa poche — parfois au prix de sacrifices financiers.
En clair :
- le citoyen paie comme contribuable,
- il paie de nouveau comme patient privé,
- et, paradoxalement, le réseau public économise sur son dos… parce qu’il n’a pas eu à le prendre en charge.
Pendant ce temps :
- l’attente au public ne diminue pas,
- l’accès réel ne s’améliore pas,
- et la pression politique baisse artificiellement… puisque ceux qui souffrent le plus disparaissent des statistiques officielles en allant payer ailleurs.
C’est le pire des mondes :
- 💥 une souffrance transférée,
- 💥 une inégalité normalisée,
- 💥 un système qui “fonctionne” en laissant les plus vulnérables absorber la facture.
⚖️ Deux citoyens, la même contribution… mais pas le même système
🟢 Citoyen A — celui qui a un médecin de famille
- Il paie, comme tout le monde, environ 7 425 $ par an en contribution collective au système de santé.
- En échange, il a accès à :
- un suivi médical continu,
- un dossier structuré,
- des renouvellements, des références, des examens,
- une prise en charge en cas de complication,
- une porte d’entrée claire dans le réseau.
Son argent fait tourner la machine… et la machine lui répond.
- 📌 Il investit — et il reçoit des soins.
- 📌 Il est dans le système — donc le système le reconnaît.
🔴 Citoyen B — le patient orphelin de médecin
- Lui aussi paie 7 425 $ par an.
- Mais voilà la différence :
- pas de médecin responsable de son suivi,
- pas de porte d’entrée,
- pas de continuité clinique,
- urgences, cliniques sans rendez-vous, files d’attente, dédoublement d’évaluations.
Et lorsqu’il finit par payer une consultation privée, ce n’est pas un “choix de confort”.
C’est souvent une décision contrainte, faute d’alternative publique fonctionnelle.
- 👉 il paie d’abord comme contribuable,
- 👉 puis il paie une deuxième fois comme patient privé,
- 👉 et malgré cela, il n’obtient toujours pas l’équivalent du suivi dont bénéficie le citoyen A.
Son argent, lui aussi, fait tourner la machine.
Mais la machine ne le dessert pas.
💥 L’injustice fondamentale
Deux citoyens.
Même contribution.
Deux réalités diamétralement opposées.
- L’un reçoit des soins continus, structurés, accessibles.
- L’autre paie autant — mais n’accède qu’à 500 à 800 $ de services réels par an, morcelés, fragmentés, sans continuité.
Et lorsque l’orphelin paie une consultation privée, il allège discrètement la pression sur le réseau public… mais à ses propres frais.
Le système économise —
🩺 mais c’est lui qui absorbe la facture, l’angoisse et les risques médicaux.
🎯 Conclusion brutale mais honnête
Le problème n’est pas seulement l’attente.
Ce n’est pas seulement la pénurie.
Ce n’est pas seulement la bureaucratie.
Le vrai scandale, c’est celui-ci :
au Québec, tu peux payer le même prix que tout le monde… sans avoir accès au même système que les autres.
Et tant que la première ligne restera fragmentée, sous-dotée, mal organisée,
👉 les patients orphelins continueront de financer un système… qui ne les soigne pas vraiment.
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Un Sujet en 4 articles
Voici les 4 articles que j’ai écrits pour vous.
Pour savoir c’est quoi exactement le système de première ligne, le montant que vous payer pour les services que vous n’avez pas, le Statu Quo en santé et Ce qu’on ne nous dit pas (mais que le système sait très bien).
👉 Pourquoi le système de première ligne échoue et les patients en paient le prix ?
👉 Combien vous coûte vraiment le système de santé au Québec ?
👉 Politique versus Santé — Le STATU QUO — Toute la vérité est ici
👉 Ce qu’on ne nous dit pas (mais que le système sait très bien)
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Sources
C.D. Howe Institute — The Quebec Primary Care Conundrum: Good Intentions, Persistent Problems
Gouvernement du Québec — Données sur l’accès aux services médicaux de première ligne
Gouvernement du Québec — Public Specialized Nurse Practitioner Clinics
Gouvernement du Québec — Services Offered by Specialized Nurse Practitioners
SPPEUQAM — Il faut davantage de professionnels en première ligne au Québec, selon des experts
Collège des médecins du Québec — Élargir l’accès à la première ligne
MAP Health — Examining Quebec’s Primary Care Challenges


